GIE du Taravu: qualité et authenticité, produits corses en vente directe

Melon

 Le melon se déguste avec précautions

MelonLes melons de petite taille et peu sucrés que les romains connaissaient et consommaient à la manière de légumes, étaient bien différents de ceux que nous connaissons aujourd'hui.

Grâce au travail des jardiniers méditerranéens le melon prit au cours des siècle du volume, du sucre et du goût.

Les moines de la Renaissance le cultivaient pour les papes dans leur résidence de Cantaloupo près de Rome. Le cantaloup deviendra peu à peu le melon rond à la chair rosée que nous connaissons aujourd'hui et se répandit autour de la méditerranée. Charles Bonaparte, le père de Napoléon, note, aux alentours de 1780, dans son livre de raison, qu'il envisage de faire planter des melons et des pastèques, sur les terres qu'il exploite près d'Ajaccio, pendant la semaine sainte précise-t-il. Certains témoignages, en Corse, évoquent le melon d'hiver à la chair verte, cultivé dans la région d'Alata, que l'on conservait pour la veillée de Noël.

La manière de manger le melon dans plusieurs pays d'Europe occidentale comporte des pratiques curieuses.

Le melon est souvent mangé en début de repas, alors que c'est un fruit sucré et que nous mangeons d'ordinaire les fruits et autres aliments sucrés à la fin du repas, au dessert après les aliments salés. Certains français le mangent salé et poivré, et l'habitude italienne de le manger avec du jambon cru se répand aussi. Enfin il est habituel d'accompagner le melon d'un vin fort: muscat ou Porto par exemple, ce qui gustativement n'est pas une grande réussite.

Ces coutumes sont anciennes, elles remontent au moins au XV° siècle. Elles nous sont transmises par tradition et sont nées de la diététique hippocratique. Pour elle, en effet la digestion est perçue comme une cuisson des aliments dans l'estomac, obtenue par la chaleur interne du corps. Le melon très humide et très froid est particulièrement difficile à digérer. Pour qu'il puisse être suffisamment cuit, il faut qu'il ait séjourné dans l'estomac plus longtemps que les autres aliments et donc qu'il ait été mangé le premier. Le poivre réputé chaud et sec aide à le cuire comme le verre de vin fort que l'on boit après. En outre le melon étant éminemment « putrescible » par la grande quantité d'eau qu'il contient, il faut le saler ou l'accompagner de viande salée pour l'empêcher de pourrir avant d'être digéré.

De nombreuses anecdotes racontent que des papes et des empereurs sont morts pour avoir mangé du melon sans précaution. Elles ont si bien frappé l'imagination que ces manières de manger le melon ont perduré et survécu plusieurs siècles à la la disparition de la diététique qui les justifiait.

 

Félicienne Ricciardi-Bartoli

Le blog du GIE du Taravu

Le blog du GIE du Taravu, produits corses en vente directe sur internet