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Chasse / caccia

 La chasse en Corse

Battue au sanglierLa pauvreté originelle en espèces sauvages caractérise la Corse et résulte de son insularité. Elle explique les introductions génétiques précoces, l'importance de la chasse au petit gibier et la faible diversité du gibier jusqu'à nos jours.

Le grand gibier dont disposaient les populations du Néolithique était réduit à trois espèces: le mouton, le sanglier et le prolagus ou lapin-rat, qui a joué un rôle important depuis le prénéolithique et a persisté jusqu'au début de notre ère. Le cerf, la perdrix rouge, le lièvre, et l'ours apparurent plus tard.

L'ours, qui a sans doute été introduit en Corse au XVè siècle, s'est éteint au XVIIè siècle, le cerf a totalement disparu au XXè siècle (et réintroduit récemment à partir d'individus venant de Sardaigne).

On chasse les perdrix, e(i) pernice(i), les merles, i meruli, les cailles, e(i) quaglie(i), les bécasses, e(i) beccacce(i) o i bicazzi, les palombes, e(i) colombellu (culombuli), les sangliers, i cinghjali, les lièvres, e(i) levure(i),...

Différentes techniques de chasse sont mises en œuvre : la chasse au gros gibier se fait le plus souvent à l'aide de battues, a vardera, ou à l'affut, l'abrettu, le piégeage, u cappiu, est plus rarement utilisé, il est réservé au petit gibier.

D'autres chasses moins répandues sont aujourd'hui en partie tombées dans l'oubli : les loirs, e ghjire, dans les hêtraies du Haut Taravu et de Vizzavona, sont enfumés dans l'arbre où ils nichent puis assommés; les chats sauvages, i ghjatti-volpi, dans le Haut-Taravu (note du GIE); près de la mer les cormorans sont capturés dans les filets, sur l'étang de Biguglia pour chasser la foulque, a folca, jadis, plusieurs centaines de chasseurs mettaient en place une battue en bateau, a travata.

Battue au sanglierLa chasse avait encore il y a quelques années un rôle économique important, elle permettait d'enrichir et de varier les menus quotidiens, grâce à la vente et au troc elle apportait un certain bien-être aux familles de chasseurs. La vente de grives et de merles représenta pendant longtemps, jusqu'à l'interdiction de 1976, un revenu substantiel pour nombre de campagnards.

La chasse jouait aussi, par le système du don et contre-don, un rôle social. Elle permettait d'entretenir les relations familiales, amicales ou de voisinage ; on offrait un morceau de sanglier, quelques grives, quelques merles ou quelques pigeons, lorsque la chasse avait été fructueuse.

Battue au sanglierLa battue au sanglier a gardé toute son importance et son prestige, elle assure la pérennité de l'ancien monde, reconstitue le village comme lieu et unité d'appartenance, dernier espace social où se donne à voir une identité villageoise. Le sanglier évoque le maquis, la nuit, les forces maléfiques. Les Mazzeri, chasseurs en rêve dont parle Dorothy Carrington, prédisaient la mort d'un être humain en examinant le museau du sanglier qu'ils venaient de tuer.

Le mouflon associe solitude, singularité et liberté. Rebelle à la domestication, il est le plus beau et le plus noble des gibiers. Il est à la fois un emblème, A Muvra (journal bilingue du début du siècle) I Muvrini (groupe de chanteurs) et un marqueur identitaire: comme l'animal sauvage, l'homme corse est le produit d'une terre, le siège de son identité n'est pas dans le sang, mais dans le sol.

La chasse en tant que fait social total, est le reflet d'une Corse indécise, fortement ancrée dans son passé et fébrilement en quête d'une identité.

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Félicienne Ricciardi-Bartoli

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