Une IGP Corse

Charcuterie corseNeuf salaisonniers corses ont déposé une demande d’IGP charcuterie corse. Cette IGP (Indication Géographique Protégée) garantirait le savoir-faire charcutier corse, mais pas l’origine de la matière première (les carcasses).

Pourquoi pas ? Cette Igp permettrait au moins de différencier les produits fabriqués en Corse (même à partir de carcasses importées) des produits finis importés et vendus en l’état (ou à la limite emballés dans un emballage « corse »…)

Elle introduirait un nouveau degré dans une échelle de valeurs « d’identité » en cours de formation; (en valeur décroissante) l’AOC / AOP, le « label rouge » (deux démarches en cours) et enfin l’IGP.

Un premier problème quand même: la coppa de Corse, le prisutu et le lonzu de Corse, revendiqués par l’IGP, sont déjà « réservés  » par l’AOC, il faudra normalement trouver une autre appellation.

Un deuxième problème: le figatellu de Corse, revendiqué également par l’IGP, lui, n’est pas réservé par l’AOC. Le risque est donc réel de voir un jour notre figatellu nustrale produit exclusivement par ces salaisonniers, à partir de foies importés. Les derniers producteurs fermiers n’auraient, eux, plus le droit d’utiliser cette appellation… Ce qui serait quand même un comble !

Commentaire 1:

Les appellations cités plus haut ne sont pas réservés à une AOC mais à toutes les personnes qui véhiculent et qui veulent préservé le savoir-faire de la charcuterie corse.
Le but de l’Indication Géographique Protégée  n’est autre que l’autentification d’un produit spécifique, rattaché à un territoire spécifique porteur de gens ayant un savoir-faire spécifique.
il n’y a rien donc d’étonnant à ce que nous revendiquions l’appélation de ces produits puisqu’il sont faits en Corse par des corses et transformés selon des recettes et des méthodes traditionnelles corses. Nos produits seront autant Nustrali que ceux produit par les personnes du groupement AOC d’ailleurs il peut y avoir une IGP et une AOC sur un même produit. (le vinaigre balsamique possède une IGP et une AOC donc où est le comble? … )
Les italiens ont réussi à s’entendrent sur ce produit emblématique, il n’y a donc pas de raisons que nous autres corses nous ne  puissions y arriver nous aussi.C’est d’ailleurs notre voeux le plus cher en ce qui concerne l’avenir de la charcuterie corse.

contact : Antone Tomasi 06 07 74 73 63  ou antone.tomasi@gmail.com

Commentaire 2:

Pour ce qui est du vinaigre balsamique, s’ils sont bien concernés par une AOC/AOP et une IGP, je ne pense pas qu’ils puissent utiliser tous les deux la même appellation.
Pour avoir un peu participé à la démarche AOC du miel de Corse, je peux vous affirmer que l’appellation « miel de Corse » est strictement réservée au miel labellisé AOC (ou AOP aujourd’hui).
Maintenant, je n’ai rien contre la démarche IGP pour la charcuterie, au contraire. Et en mettant les quantités vendues en Corse, en regard des quantités produites (AOC ou IGP), le rapport est disproportionné, il est donc très positif que le consommateur puisse faire la différence avec des produits finis directement importés.
Globalement, tous les acteurs de la filière charcuterie en Corse ont à y gagner.

Commentaire 3:

Il existe bien la même appellation pour le vinaigre balsamique de modene à la différence que le vinaigre IGP s’intitule « aceto balsamico di Modena IGP » alors que l AOC se nomme « aceto balsamico tradizionale di Modena DOP » . On précise dans l’appellation (traditionnel) donc vous pourrez produire du « figatellu traditionnel de corse AOC » et nous qui faisons parti du cunsorziu du « figatellu de corse IGP ».
En ce qui concerne le miel la problématique est tout autre car le miel est un produit « brut » donc qui n a pas subit de transformation.La seul raison qui fait qu’il n y a pas d IGP miel en corse est du à l’interdiction d’import d’essaims extérieur à la race locale à cause des risques écologiques pour nos essaims.Sinon il y aurait eu un IGP miel de corse suivant un cahier des charges precis comme il y a un IGP miel de provence, IGP
miel des Cévennes, IGP miel d Alsace.
En ce qui concerne notre demarche je suis heureux de voir que vous la soutenez car j ai aussi soutenu la demarche AOC car elle apporte une plus value à nos produits et une haute distinction à notre patrimoine. Comme l’IGP ils auront le mérite de clarifier les choses en matière de charcuterie notamment les fraudes sur des produits estampillés « corse » et qui n ont vu la corse qu’a l arrive au port ….avec le logo IGP cela deviendra impossible.
Mais on n’a pas le droit et c est un abus grave, de se poser en seuls détenteurs d un savoir-faire.Car le fait de bloquer des appellations comme coppa ,lonzu, prisuttu et tout autre produits porteur du patrimoine charcutier corse est abusif.
Car ce patrimoine appartient à tout ce qui travaillent et vivent de ce métier de charcutier.les gens qui produisent,vivent et font vivre des corses sur leur terre en mettant dans leurs productions un savoir faire typiquement corse.On eux aussi le droit et méritent d’arborer les noms corses des produits qu ils fabriquent.le cadre IGP défend un savoir-faire avant tout. l’IGP et l’AOC étant deux appellations distinctes bien que complémentaires vous aurez le droit d appeler vos figatelli , figatelli et peut être même « figatelli nustrali di corsica » ou encore « figatelli tradiziunali di corsica » vous serez encore plus « traditionnel » ou « nustrali » après l’IGP un comble non ?…
Pas de sectarisme dans le cadre IGP seulement une vision des contraintes du marché économiques actuel réalistes.C est aussi travailler a ce que nos enfants puissent à l’avenir consommer une charcuterie typique corse sans avoir à débourser un jour de salaire pour s’offrir une coppa ou un lonzu.C’est continuer à rendre la charcuterie qui a toujours été traditionnelment un plat populaire accessible à tous.

Sur ce je me tiens à votre entière disposition si vous voulez débattre plus longuement sur ce dossier qui concerne tous les corses et pas seulement les charcutiers.

mes sincères salutations . Antone Tomasi employé au « salaisons réunies  » et membre du « consorziu di i salamaghji corsi  »

Contact : 06 07 74 73 63 ou antone.tomasi@gmail.com

Commentaire 4:

Bon! Autant pour moi et merci pour les informations.
Je pense que nos points de vue ne sont pas si éloignés, et je vous suis lorsque vous dites que ce patrimoine appartient à tous ce qui en vivent.  A condition de ne pas oublier les éleveurs, même s’ils représentent aujourd’hui une infime minorité de cette filière, ou de ce qui en reste. D’où l’importance de la démarche AOC. Dans le pire des cas, on pourrait en effet arriver à ce cas extrême où le marché continuerait à offrir de la charcuterie corse, alors qu’il n’y aurait plus d’éleveurs de porcs sur l’île. Certains diraient « pourquoi pas ? », et d’un point de vue strictement commercial ils n’auraient pas tout à fait tort, mais ce serait alors, à moyen terme, la fin de cette activité en Corse.
Ce schéma est d’ailleurs en train de se reproduire pour le lait et le fromage.
L’important est de sortir du faux débat  » vrai produit contre faux produit  » et de définir les caractéristiques de chaque catégorie, en sortant du cadre strictement commercial, et en ayant à l’esprit que ces démarches (IGP, AOC, label rouge) sont complémentaires et tendent à sauvegarder l’ensemble de la filière porcine d’un bout à l’autre de la production.

 

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